Ce soir j'ai accompagné Sabine Herold pour un débat très original sur le roman Départ anticipé, un ouvrage de Christopher Buckley. Nous avions été invités par Cynthia Liebow de Baker Street, une maison d'édition américaine. Autour de la table donc, Maryse Dumas de la CGT, Roland Keyrol de l'institut CSA, et Denis Jambar, Directeur des Editions du Seuil. Le pitch du roman est assez cocasse : une jeune blogueuse qui répond au doux nom de Cassandra Devine, trouve une solution radicale pour résoudre le problème du financement des retraites. Elle appelle la génération des babyboomers à pratiquer le suicide collectif. Je vous laisse imaginer le beau débat entre Alternative Libérale et la CGT. J'en profite encore pour saluer la prouesse de Sabine qui a vraiment été excellente pour participer à ce débat de haut-vol. Les questions venues, j'avais réservés la mienne pour madame Dumas. En effet, je lui demande comment elle peut justifier le fait les agents CGTistes d'EDF ont asphyxié les prud'hommes de Paris pour la raison suivante : les hommes d'EDF se disent victimes de discrimination sexuelle et réclament les mêmes avantages que les femmes (article paru dans le JDD du 21 septembre 2008). Je pose donc ma question, bran-le-bas de combat dans la salle, et Maryse me reprend sur scène :
- Non une femme qui travaille chez EDF, et a eu 3 enfants n'a pas le droit de partir avec 90% de son salaire à 35 ans...
- Ah ? Vous êtes sûre ? Pourtant j'ai une cousine qui se trouve dans ce cas...
N'empêche que : même si je me suis trompé sur les chiffres, la syndicaliste ne répond pas à ma question et Roland Keyrol frappe le gong qui la sauve. Trois acteurs qui étaient là pour lire des passages du livre nous offrent un entracte (à noter la présence de la petite fille d'André Malraux parmi eux). La scénette terminée Keyrol, en bon monsieur Loyal, invite Maryse et Sabine à conclure en répondant aux questions de la salle. Je me dis que je vais avoir une réponse. Mais rien. Madame Dumas, nous propose une étude de texte... La CGT qui se met au commentaire littéraire, on aura tout vu ! Puis arrive le pot final. Maryse Dumas s'approche alors de moi afin de me donner la réponse que j'attendais. Elle commence par m'expliquer les véritables avantages des agents féminins d'EDF en m'embrouillant avec des calculs d'annuités. En fait, les règles du statut national des industries électriques et gazières prévoient "l’attribution aux agents féminins ayant eu trois enfants ou plus au moment de leur départ à la retraite d’une bonification d’ancienneté d’un an par enfant pour le calcul de leurs droits à pension, ainsi que la possibilité, pour ces mêmes agents, de bénéficier sous certaines conditions d’une pension à jouissance immédiate". Ce n'est pas tout à fait l'avantage que j'avais annoncé. A moins que l'on ne fasse jouer cette notion vague de "pension à jouissance immédiate sous certaines conditions." Ce qui pourrait expliquer que ma cousine soit en partie en pré-retraite à 35 ans. A creuser. Mais là-où j'ai été surpris, c'est que Madame Dumas était d'accord pour s'offusquer avec moi non pas de cet avantage, mais du fait que le personnel masculin d'EDF demande à avoir la même chose et qu’ils envahissent les prud’hommes pour cela. Ah ! Voyez madame qu'on peut parfois s'entendre ! Poussez encore un peu votre raisonnement, et je suis certain que vous finirez par être d'accord également pour reconnaître qu'il est injuste que les contribuables français continuent de payer pour ce genre de privilèges plus communément intitulés régimes spéciaux : que doit penser la caissière de supermarché dont le problème est de trouver à faire garder ses enfants quand elle a des horaires de travail pas possible ? Mais il est sans doute un problème au moins aussi grave : c’est que ce vous m’avez dit, vous n’avez pas osé le dire devant l’assemblée ! Comment faites-vous donc pour garder sur vous certaines absurdités sans les dénoncer, alors que vous semblez avoir fait profession de pourfendre de près ou de loin tout ce qui ressemble à une injustice ? Vous ne manquez pourtant pas de lucidité. Blocage idéologique ? Mauvaise foi ? Malhonnêteté intellectuelle ? Intérêt partisan ? Un peu tout ça mon capitaine. Ah... on est encore bien loin des syndicats dont rêve tant les libéraux. La lutte continue !


"Ah... on est encore bien loin des syndicats dont rêve tant les libéraux." écrivez-vous ????
Mais qu'attendez-vous donc pour...tenter...d'en créer un qui vous conviendrait ????
jf.
Rédigé par : jacques | 11/10/2008 à 15:48
C est un projet qui est en cours de realisation.
Je ne peux vous en dire plus. Ça n'est pas moi qui travaille sur le projet.
Rédigé par : Jpo | 11/10/2008 à 16:05
Ah...je comprends...Faut pas ébruiter.....
jf.
Rédigé par : jacques | 12/10/2008 à 11:44
Vous avez compris quelque chose aux arguments de Oury ? La seule chose qui semble l'intéresser est de montrer qu'il a mis en difficulté la CGT...La pré-retraite à 35 ans ! il doit confondre avec les 35hs, mêlant les "privilégiés d'EDF et les "fainéants" qui ne veulent pas travailler "plus" plus de 35hs. Ah mon bon Monsieur, les travailleurs du CAC 40 sont bien à plaindre, avec toutes les misères qu'ils supportent.
Mais là où c'est drôle c'est sa profession de foi en faveur de syndicats libéraux ! Genre CISL ou autre syndicats, "libres", car tout proche des patrons.
Bon vent !
Rédigé par : Santo | 17/10/2008 à 22:23
Santo, mon blog se sent mieux, San"troll"... Bon vent, en effet !
Rédigé par : JPO | 18/10/2008 à 00:44
I have searched the net and I should say I've not come across an article like this which is so easy to understand and learn
Rédigé par : Louis Vuitton Outlet | 05/12/2011 à 01:49