La semaine dernière, Newsweek Poland avait pour thématique la peur d'une nouvelle guerre froide. Dans ce dossier spécial on trouve une carte très intéressante qui présente comment le Krémlin et Vladimir Poutine considéraient les Etats de l'UE. Ainsi, la Grèce et Chypre sont vues comme des chevaux de Troie de la Russie au sein de l'Union. La France, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie sont perçus comme des partenaires stratégiques. L'Autriche, la Belgique, la Finlande, la Bulgarie, le Luxembourg, Malte, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, la Hongrie, sont identifiés avant tout comme des proches plutôt pragmatiques. Les Tchèques, les Danois, les Hollandais, les Irlandais, les Lituaniens, les Roumains, les Suédois et les Britanniques, comme des pragmatiques distants. Enfin, les Polonais, les Lettons et les Estoniens sont littéralement qualifiés de va-t-en guerre partisans d'une nouvelle guerre froide. Il faut dire que les présidents de ces 3 pays n'ont pas hésité à prendre l'avion ensemble pour aller soutenir Sakachvilli à Tbilissi. Hier le président Kaczynski a critiqué le résultat des négociations entre Sarkozy et Medvedev. Ce dernier semble avoir une double carte à jouer. En effet, avec l'approche des élections dans moins d'un an, ce sujet lui redonne un brin de vigueur. A un tel point que Polityka, l'hebdomadaire polonais de référence, parle de President Reaktywacja en montrant Lech les bras croisés avec en arrière-plan le fond vert bouteille des suites de codes de Matrix. Ce dernier a toujours fait de sa défiance à l'égard de l'Europe et de la Russie, un cheval de bataille et un axe central de sa politique. Chose qui lui a d’ailleurs coûté lors des dernières élections. N'oublions pas qu'il a connu ses premières heures de gloires avec Solidarnosc et que la haine du Russe est chez lui bien ancrée. L'épisode georgien est l'occasion inespérée pour lui de raviver quelques craintes (pas toutes injustifiées) dans l’opinion. Une situation qui met Donald Tusk plutôt mal à l'aise. En effet, le Premier Ministre, quant à lui, semble préférer un alignement derrière les positions diplomatiques de l'UE. Il ne cache pas son désaccord avec le Président dans l'interview qu'il donne à Newsweek. Il veut éviter tous les propos guerriers à l'égard de la Russie et préfère que la Pologne ne soit pas le fer de lance d'une nouvelle guerre froide. Une position modérée donc qui contraste avec celle du Président actuel. Une situation à suivre de près, car elle pourrait bien influer sur l'élection du futur président.


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