S'il est une donnée économique éloquante du conservatisme dans lequel se meurt notre pays, c'est bien celle-ci : sur l'ensemble des entreprises du CAC 40, aucune n'a vu le jour après 1960. Tous les experts du pays se morfondent sans arrêt sur l'incapacité de grandir de nos PME, regardant d'un air impuissant la fuite des cerveaux sur le dos des gazelles. Beaucoup pensaient qu'avec l'élection de Nicolas Sarkozy, les choses allaient changer: on allait enfin pouvoir imiter notre voisin allemand et faire pousser nos entreprises de taille moyenne comme nos agriculteurs font pousser leur champ de maïs. Mesure phare du système, tout droit sortie du paquet fiscale ficelé par Bercy, le nouveau crédit d'impôt recherche. Or d'après un article du Figaro qui s'est procuré un rapport du Ministère de l'économie, ce sont surtout les grandes entreprises qui vont bénéficier du nouveau CIR :
Selon les projections de Bercy, les entreprises de moins de 250 salariés verront le montant moyen de leur crédit d'impôt multiplié par 1,6 (voir tableau). Une PME qui dépensait 2 millions dans la recherche en 2006, 2,5 millions en 2007 et 3 millions en 2008, aurait dû recevoir 600 000 euros de crédit d'impôt selon les anciennes modalités. Avec les nouvelles, elle touchera environ 900 000 euros, a calculé Bercy. Toutefois, en proportion, les entreprises de moins de 250 salariés seront perdantes : elles ne récupéreront plus « que » 19 % des sommes totales reversées au titre du CIR, contre 26 % avant la réforme. À l'inverse, les grandes entreprises de plus de 10 000 salariés récupéreront 39 % des sommes reversées (contre 32 % avant la réforme). En moyenne, ces dernières récupéreront 32 millions chacune, contre 12,2 millions avant la réforme, soit une multiplication par 2,6.
Comme le soulignait dans une interview ce soir sur BFM, Philippe Pouletty, président de France Biotech, ce n'est encore pas demain que l'on verra grandir les start-up française dans les garages sur le modèle des Google et autres Yahoo. Les patrons de PME n'ont donc plus qu'à prendre leur mal en patience en chantant : "Tiens bon la vague et tiens bon le vent, hissez-haut. Si Dieu veut, toujours droit devant, nous irons jusqu'à San Francisco." A moins qu'ils ne s'achètent tout de suite un billet d'avion...


Tu veux dire "aucune n'a vu le jour après 1960" ?
le chiffre exact reste quand même à vérifier plus finement.
Rédigé par : vincent | 26/08/2008 à 23:59